Florian Philippot : « Sortons de l’autoflagellation permanente »





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Interview issue du Parisien : consulter l’article original ici

Florian Philippot, le vice-président, défend la ligne du parti dans un contexte de fortes divisions internes, à la veille d’un séminaire de refondation du FN.

Qu’attendez-vous de ce séminaire, alors ?
J’espère que nous ne nous limiterons pas seulement à un ou deux sujets. Typiquement, ne croyons pas qu’en ne parlant que du fameux débat de l’entre-deux-tours de la présidentielle, on va tout régler. Ne limitons pas non plus nos travaux à la seule question de l’euro. Ça n’aurait aucun sens.

En interne, certains remettent en question la ligne politiquei. Vous sentez-vous visé ?
Ce n’est pas ma ligne, mais celle de Marine Le Pen ! Elle consiste à être capable de parler à tous les Français, sur tous les sujets, en sortant du discours naturel du Front national sur l’immigration et l’insécurité. Si on revient sur ça, cela ne nous permettra pas d’accéder un jour au pouvoir.

«La reconstruction d’une monnaie nationale est indispensable»

Vous craignez un retour du FN vers ses thématiques traditionnelles ?
Partir d’un résultat décevant pour tout casser, après cinq ans ou six ans de travail, et pour revenir vingt ans en arrière, serait contre-productif, même catastrophique. En tout cas, cela nous mènerait dans le mur.

La sortie de l’euro doit-elle rester la clé de voûte du programme économique ?
La reconstruction d’une monnaie nationale est indispensable économiquement et même politiquement ! On peut m’expliquer tout ce que l’on veut mais si on n’a pas de monnaie nationale, alors on fait ce qu’on fait depuis dix ans : c’est-à-dire baisser les salaires, les retraites et le niveau de service public en France.

Si Marine Le Pen venait à remettre clairement en cause la question de la sortie de l’euro, vous resteriez ?
C’est très théorique car je ne crois pas du tout que cela se produira. Mais si demain mon parti abandonnait la souveraineté monétaire, donc la souveraineté nationale, bien sûr que je n’aurais plus rien à y faire. Parce que cela deviendrait un parti eurofédéraliste.

«Sur l’immigration, on est parfois mal compris»

Sur quels autres sujets le FN devrait-il être plus audible ?
On n’est pas encore assez entendus sur des thèmes qui concernent tous les Français, comme l’école, la santé, l’écologie… Sur les sujets sociétaux, on est parfois ringardisés, voire diabolisés. Et même sur l’immigration, on est parfois mal compris. Trop souvent, nous faisons encore peur sur ces sujets-là.

Cette hostilité pourrait être levée en changeant de nom ?
J’y suis favorable ! On arrive à un tel point que le nom Front national suscite une hostilité, un blocage immédiat chez encore beaucoup trop de Français. Ce qui est très mauvais car peut-être qu’en nous écoutant, ils changeraient d’avis.

Vous avez une idée de nom ?
Non. Laissons le choix libre aux adhérents à l’occasion du questionnaire qui va leur être envoyé en septembre.

Continuer de «travailler avec Nicolas Dupont-Aignan»

Il y aurait eu dernièrement des tensions entre Marine Le Pen et vous. Est-ce vrai ?
( Rires.) Nos relations sont très bonnes, tout à fait normales. On se parle tous les jours.

Comment voyez-vous l’ouverture du FN ?
Il faut qu’on continue de travailler avec Nicolas Dupont-Aignan. Je suis aussi pour aller voir des gens dont on a du mal à savoir aujourd’hui où ils se situent.

Vous pensez à qui ?
Par exemple à Laurent Wauquiez. Je serais heureux de pouvoir discuter avec lui, prendre un café. Il faut qu’on se voie, au moins pour parler. Avec Henri Guaino, on devrait également pouvoir travailler.

Votre amie, l’eurodéputée Sophie Montel, a été écartée par Marine Le Pen de la présidence du groupe FN à la région Bourgogne — Franche-Comté. Vous demandez sa réintégration ?
Bien sûr, elle le mérite amplement. Elle vient encore de le démontrer en signalant Jean-Luc Mélenchon dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Je ne dis pas qu’il est coupable, mais je dis simplement : merci, Sophie, d’avoir poussé la justice française à appliquer l’égalité républicaine ! Elle a fait un gros boulot. Sachons lui reconnaître cela, en plus de ses qualités remarquables d’élue.