Happy Birthday, Brexit !

Happy Birthday !

Il y a tout juste un an, le peuple britannique décidait de reprendre sa liberté. Malgré les injonctions de Barack Obama ou d’Angela Merkel, malgré les menaces diverses, malgré les prévisions d’apocalypse, les sujets de sa très gracieuse Majesté n’ont plus voulu être ceux de la fort peu gracieuse Commission européenne.

Et grand bien leur en a pris. En 2016, le Royaume-Uni a connu une croissance de 1,8 % en 2016, soit près du double de celle de la France. Dans le même temps, le taux de chômage a atteint son niveau le plus bas depuis 1975 (à 4,6 %) et les commandes industrielles se sont envolées à un niveau inédit depuis près de 30 ans. La balance courante est passée de -4,3% du PIB avant le référendum sur le Brexit à -2,4%, grâce à la dévaluation de la livre et à la relance des exportations. Ces indicateurs montrent que le vote a créé un regain de confiance et relancé une volonté d’investir pour l’avenir, soit exactement le contraire de ce que les partisans du maintien dans l’UE avaient annoncé.

Bien sûr, les incertitudes et des élections anticipées pas vraiment réussies pour Theresa May peuvent créer un certain trouble. Mais attention ! Le parti travailliste s’est engagé à respecter le résultat du référendum et la diminution du nombre de députés conservateurs n’a rien à voir avec une remise en cause du Brexit. Au contraire, les partis qui proposaient de revenir en arrière, les libéraux et les indépendantistes écossais, se sont effondrés. Les Britanniques veulent aller jusqu’au bout et iront jusqu’au bout. De même, dans un contexte mondial de hausse des prix des matières premières, le Royaume-Uni, fortement dépendant aux importations, connaît une inflation qui est encore néanmoins très loin de s’emballer.  Mais c’est encore l’attitude irrationnelle des instances européennes qui crée le plus d’incertitudes. Blessés dans leur orgueil et dans leur foi dogmatique en la construction européenne, les dirigeants de l’UE traînent des pieds. Ils menacent les Britanniques de toutes sortes de mesures de rétorsion et de contraintes diverses. Bientôt, le réalisme l’emportera parce que les intérêts de l’Allemagne s’imposeront : tout le monde a avantage à ce que les relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne soient correctes et le commerce maintenu, en particulier l’industrie automobile allemande.

Ce que nous rappelle aussi ce vote, c’est que la liberté n’a pas de prix. Les menaces délirantes pendant la campagne n’ont pas fait reculer les Britanniques. Reprendre en mains leurs lois, leurs règles, leur politique industrielle, commerciale, migratoire, leur destin en somme, est passé avant tout. Oui, le Brexit sera une réussite économique mais, au-delà de l’économie, quitter l’Union européenne est d’abord une question de souveraineté et de démocratie

Et, puisque le ministre de l’Éducation nationale veut offrir les Fables de La Fontaine à tous les écoliers, puissions-nous tous méditer sur la morale de certaines d’entre elles…

« Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
– Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.